
Les producteurs de végétaux utilisent depuis fort longtemps différentes astuces pour rendre les plantes de Noël plus attirantes. Quand ce sont des artifices évidents, comme une boucle de couleur, de petites guirlandes ou un couvre-pot aux motifs ou aux couleurs de Noël, je considère que c’est de bonne guerre. Après tout, le client voit bien que ce sont des artifices: il n’a pas été leurré.
Mais d’autres effets décoratifs sont plus sournois. S’ils ne sont pas très clairement des artifices et, pire encore, s’ils sont spécifiquement conçues pour duper le client, pour lui faire acheter une plante sous de faux prétextes, là, je ne suis pas d’accord. Toute personne devrait avoir, à mon avis, le droit de savoir ce qu’il achète. Donc quand je vois que des jardiniers se font avoir, ça me dérange énormément.
Voici quelques exemple de plantes truquées, pas toujours toutes reliées à Noël, mais beaucoup plus en évidence à cette saison.
Des poinsettias, des anthuriums et des orchidées teints ou injectés de diverses couleurs: orange, bleu, violet, etc. De plus, parfois on rajoute des brillants, comme si la teinture ne suffisait pas! Ça peut être plus que décevant quand vous réussissez à conserver votre belle orchidée bleue ou votre poinsettia orange jusqu’à sa prochaine floraison, généralement 12 mois plus tard, pour découvrir que les fleurs de couleur si originale de la plante que vous avez tant dorlotée sont en fait blanches! Il est facile d’éviter cette attrape: demandez au vendeur de vous diriger vers les plantes affichant leurs «vraies couleurs», tout simplement.

Des houx vivants décorés de fruits en cire. Regardez-les comme il faut: ces beaux fruits rouges sont artificiels! Ça facilite la vie du producteur, car les houx prennent plusieurs années avant d’arriver à produire des baies et, avec des faux fruits, il n’a pas besoin d’attendre. De plus, seulement les houx femelles produisent des fruits, mais il n’a pas besoin de reconnaître le sexe de la plante quand les baies sont artificielles. D’ailleurs, souvent la plante qu’on vous vend n’est même pas un véritable houx (Ilex), mais un faux-houx (Osmanthus heterophyllus), une plante qui ne produit pas de fruits du tout.

Des bulbes d’amaryllis (Hippeastrum) trempés dans de la cire colorée. Quelle idée mignonne… mais il faut savoir que ce traitement sadique est mortel pour la plante. C’est que, avant de tremper le bulbe dans la cire, le producteur supprime le plateau porteur de racines situé à la base du bulbe, ce qui le tuera. Il vous vend donc un bulbe mourant et a même l’audace d’annoncer que la plante «n’a pas besoin d’arrosage!» (Bien sûr que non, elle n’a pas de racines et ne peut plus en absorber!) Ce que vous venez d’acheter est une plante mourante qui investit toute l’énergie qui lui reste dans un ultime effort pour se reproduire, soit par une dernière floraison! Ces bulbes coûtent cher, plus que le prix d’une amaryllis vivante qui, elle, peut vivre 20 ans et fleurir à tous les ans. Malheureusement, rares sont les vendeurs qui vous explique que l’amaryllis que vous songez acheter est en train de mourir.

Des sapins vivants «à replanter en pleine terre après les Fêtes». Ça paraît non seulement logique, mais le vendeur présente souvent ces sapins en pot même comme étant plus écologiques qu’un sapin coupé. C’est loin d’être le cas dans les zones de rusticité 6 et moins (soit presque tout le Canada), car le sol des jardins est gelé dans le temps des Fêtes et il est ainsi impossible de replanter un sapin vivant (qui est d’ailleurs probablement pas un sapin, mais plutôt une épinette [Picea] ou un pin [Pinus]) à l’extérieur avant la fin de l’hiver. Or ces petits arbres meurent si on les garde dans la maison plus de 2 ou 3 semaines. Vous ferez aussi bien de vous acheter alors un sapin coupé: cela vous donnera un arbre plus gros qui coûtera moins cher et qui sera plus facile à recycler quand il n’est plus utile comme décoration de Noël.
Il existe toutefois une catégorie de «sapin vivant» qu’on peut légitimement recommander pour décorer nos maisons à Noël les conifères qui font de bonnes plantes d’intérieur et qui peuvent ainsi résider dans nos maisons à l’année. J’écrirai davantage sur le sujet dans le prochain blogue.

Des plantes succulentes vaporisées de peinture bleue, orange, rouge, rose, violette, etc. Cela donne beaucoup d’éclat aux plantes, mais bloque leur capacité de faire de la photosynthèse. Or, c’est dans la photosynthèse que les plantes trouvent leur énergie! Ainsi la plupart meurent assez rapidement et celles qui survivent à cette torture végétale produisent éventuellement de nouvelles feuilles vertes et leur couleur si originale disparait.

Des cactées décorées des fleurs séchées. C’est une des plus vieilles attrapes du monde horticole, mais ça fonctionne toujours tout autant. On colle – oui, avec de la colle ! – des fleurs d’immortelle directement sur la tige des cactées et les vend aux jardiniers débutants qui croient qu’ils ont trouvé une aubaine. Imaginez! Un vrai cactus en fleurs à un si bon prix!
Jardiniers, faites attention lors de vos achats de plantes de Noël: il est si facile de se faire avoir!
J’avoue m’être fait avoir dernièrement par une plante succulente verte dont on avait peint seulement les feuilles du bas avec une peinture rouge à effet velour. Cela m’a pris 1 an pour comprendre la supercherie. Et pourtant je suis un jardinier expérimenté!!!
Ping : Un (sa)pin de Noël qui pousse bien dans la maison – Jardinier paresseux
Ping : Terrarium de cactus et de succulentes: une bien mauvaise idée! – Jardinier paresseux
Merci de nous renseigné au sujet de la peinture sur les plantes … je suis estomaquée … ce que la bêtise humaine est prête à faire pour de la foutu $$$$$$ … j’en achète très peu , je les prends de la famille ou des amies et je fais mes expériences moi même tout en vous lisant …. j’aime beaucoup vos chroniques … continuer de nous instruire …
Ping : Terrarium of cacti and succulents: It may be a bad idea -