Comment contrôler la chrysomèle du concombre

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Chrysomèle rayée du concombre.

Les jardiniers qui cultivent des cucurbitacées (concombres, courges, melons, etc.) sont souvent aux prises avec des chrysomèles, de petits coléoptères allongés qui s’attaquent aux feuilles, aux tiges, aux racines et, surtout, aux fleurs. Il y a en fait deux espèces courantes en Amérique du Nord, soit la chrysomèle rayée du concombre (Acalymma vittatum), jaune strié noir, et la chrysomèle maculée du concombre (Diabrotica undecimpunctata), jaune avec des points noirs. La première est généralement la plus courante.

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Chrysomèle maculée du concombre.

À défaut de cucurbitacées cultivées, les chrysomèles peuvent se nourrir de cucurbitacées sauvages, comme le concombre sauvage (Echinocystis lobata). Elles peuvent aussi consommer d’autres végétaux pendant de courtes périodes, notamment en début et en fin de saison, mais un régime à base de cucurbitacées est absolument nécessaire à la reproduction de ces insectes.

Les deux sont attirées par les cucurbitacines, des produits amers présents dans les cucurbitacées et qui servent normalement à éloigner, par leur amertume, les insectes néfastes. Mais ces deux chrysomèles se sont adaptées aux cucurbitacines et ont même appris à les utiliser pour trouver leur hôte, car elles peuvent sentir l’odeur des cucurbitacines de loin.

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Fleur de courge sévèrement malmenée par les chrysomèles striées du concombre.

À la fois les adultes et les larves sont nuisibles. Les adultes mangent les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits (surtout les vieux fruits trop mûrs) alors que les larves s’attaquent aux racines et aux tiges et parfois les fruits. Les adultes préfèrent toutefois les fleurs et parfois on en trouve des dizaines en train de dévorer une seule inflorescence.

De plus, les chrysomèles peuvent transporter des maladies d’une plante à une autre.

Le cycle de vie des chrysomèles

Les deux espèces hivernent dans le sol sous forme d’adultes, généralement là où leurs plantes hôtes étaient l’année précédente, donc, dans le potager, mais parfois aussi à l’orée d’une forêt proche. Elles se réveillent quand le sol commence à se réchauffer, généralement vers la mi-mai dans le sud du Québec et vers la fin de mai ailleurs. Comme les jardiniers ne plantent pas des cucurbitacées si tôt dans la saison, elles se nourrissent temporairement d’autres végétaux, généralement sans faire des dégâts notables, puis volent vers leurs proies préférées dès qu’elles en détectent l’odeur.

Vers la fin de juin, les chrysomèles commencent à s’accoupler, puis pondent des œufs au sol ou dans les déchets au sol, généralement dans les environs de plantes de cucurbitacées dans le cas du chrysomèle rayée, mais la chrysomèle maculée part déposer ses œufs sur des graminées et d’autres végétaux dans les environs, notamment le maïs. Les larves des se nourrissent de racines et tiges, et parfois des fruits trop mûrs qui touchent au sol, sans nécessairement causer des dégâts très notables, puis après une courte pupaison, se métamorphosent en adultes et le cycle recommence. Il y a généralement 2 générations par été.

Comment les contrôler

Quand l’infestation est déjà en cours, on peut ramasser les chrysomèles manuellement (il faut sortir tôt le matin, car les chrysomèles se cachent le jour) et les déposer dans un seau d’eau savonneuse. On peut aussi les ramasser avec un aspirateur portatif. Ou vaporisez avec un insecticide. L’huile de neem est la plus efficace des insecticides biologiques, mais n’est plus offerte au Canada. Le savon insecticide et le pyrèthre, ou un mélange des deux (comme End-All) peuvent aussi être utiles. Les vaporisations à l’ail auraient aussi une certaine efficacité.

Prévention

Il est plus facile de prévenir les chrysomèles du concombre que de les réprimer.

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On peut protéger les cucurbitacées des chrysomèles en les recouvrant d’une couverture flottante.

La méthode la plus efficace est de couvrir les plantes ou les semis au printemps avec une couverture flottante (voile anti-insectes). Pour que cela soit efficace, il faut évidemment faire une rotation de cultures, semant ou repiquant les cucurbitacées dans un lieu où elles ne poussaient pas l’année précédente. Sinon les adultes, en émergeant du sol au printemps, se trouveront prisonnier sous la couverture flottante avec une abondance de semis à croquer!

Quand les concombres, melons, courges, etc. commencent à fleurir, enlevez la couverture le jour pour donner accès aux fleurs aux insectes pollinisateurs. À ce stade, les chrysomèles adultes du secteur seront soit morts affamés ou partis ailleurs. Il peut avoir un certain retour d’adultes d’autres jardins à ce stade, mais la population sera habituellement très faible et il ne devrait pas avoir trop de dégâts.

Une autre méthode de prévention consiste à planter des plantes pièges. Tôt au printemps, une ou deux semaines avant de repiquer ou de semer vos courges, concombres ou melons, placer de jeunes plants de concombre ou de courge au jardin pour attirer les adultes, puis détruisez-les en les faisant tomber dans l’eau savonneuse.

On note aussi que les infestations sont moins sévères dans les jardins dont le sol est paillé, surtout quand le paillis est épais. Les adultes semblent préférer un sol dégagé pour pondre leurs œufs. Aussi la présence d’insectes prédateurs bénéfiques sous le paillis (les carabes, surtout, sont des voraces prédateurs des chrysomèles) peut aussi expliquer en partie l’efficacité des paillis à réduire le nombre de chrysomèles.

Aussi, la polyculture, c’est-à-dire de mélanger les plants de cucurbitacées avec d’autres légumes, plutôt que de les planter en rang  ou en monoculture, aiderait aussi à faire baisser la population.

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Piège collant jaune.

L’utilisation de pièges jaunes collants, placés près des cucurbitacées en début de saison, peut aussi aider. Les adultes sont attirés par la couleur jaune et atterrissent sur les pièges où ils restent collés. Ce traitement est surtout efficace en début de saison, pour attraper les adultes au moment où ils émergent du sol.

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Piège au phéromones.

Il existe aussi des pièges aux phéromones conçus spécifiquement pour attraper les chrysomèles, mais ils ne sont pas habituellement disponibles dans les jardineries. On peut toutefois les faire venir d’un fournisseur de produits biologiques contre les insectes comme Nic Natural Insect Control. On les combine avec un piège collant jaune et, comme pour le piège collant, il faut les installer en début de saison.

Variétés résistantes

Une dernière possibilité est de cultiver des variétés de cucurbitacées qui sont résistantes aux chrysomèles. Ces plantes contiennent peu de curcubitacines et les chrysomèles sont peu portées à les toucher. Voici quelques suggestions:

Citrouille: ‘Big Max’ ‘Baby Boo’

Concombre: variétés qui ne font pas éructer (elles contiennent peu de cucurbitacines), comme ‘Beit Alpha’, ‘Big Burpless’, ‘Burpless Beauty’, ‘Burpless Bush’, ‘Burpless Tasty Green’, ‘English Telegraph’, ‘Garden Sweet Burpless Hybrid’, ‘Green Knight’, ‘Marketmore 80’, ‘Muncher’, ‘Orient Express’, ‘Palace King’, ‘Perseus’, ‘Suyo Long’, ‘Sweet Burpless’, ‘Sweet Slice’, ‘Sweet Success’, ‘Sweeter Yet’, ‘Summer Dance’, ‘Tanja’, ‘Tasty Green’, ‘Tendergreen’ (‘Tendergreen Burpless’).

Courge d’été: ‘Cocozelle’, ‘Caserta.

Courgette (zucchini): ‘President’, ‘Black Jack’, ‘Green Eclipse’, ‘Seneca Zucchini’, ‘Senator’, ‘Super Select’, ‘Dark Green Zucchini’, ‘Embassy Dark Green Zucchini’, s

Courge musquée: ‘Ambercup’.

Melon: ‘Classic’, ‘Galia’, ‘Passport’, ‘Pulsar’, ‘Rising Star’, ‘Super Star’.20160711A

 

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7 réflexions sur “Comment contrôler la chrysomèle du concombre

  1. Catherine Pepin

    Encore merci pour cet article qui tombe tellement à point!!!! J’ai des visiteuses indésirables dans mes courgettes et je me demandais quoi faire!

    • Catherine Pepin

      Petite question concernant les savons insecticides. J’ai lu que le savon noir était utilisé pour contrôler les insectes. Est-ce que ça fonctionnerait ici? En mélange avec la vaporisation d’ail, par exemple?

      • Il est difficile de cerner ce qu’est un savon noir: on en voit tellement de produits qui en portent le nom, mais qui contiennent différents ingrédients. Comme il coûte plus cher que le savon insecticide et fait le même travail (en théorie), j’utilise le deuxième. Les deux aussi sont biologiques.

      • Catherine Pepin

        Merci! C’est que j’ai déjà du savon noir à la maison, alors je me demandais si je devais aller acheter un autre produit…

  2. Marie Reney

    Merci pour ces informations! J’ai de l’huile de neem à la maison, dans quelle proportion doit-on l’utiliser? Faut-il la diluer, ou la vaporiser telle quelle sur les plantes?

      • Marie Reney

        Merci pour cette réponse rapide. C’est en fait de l’huile achetée en pharmacie, pour un usage de beauté/santé. il semble qu’elle soit pure.
        Bravo pour votre travail, c’est toujours très instructif de vous lire!

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