Nouveau jardin qui révèle les paysages du Canada

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Sculpture «Iceberg» dans le Jardin des paysages du Canada.

Vous avez un nouveau jardin à découvrir lors de votre prochaine visite à Ottawa.

Les Jardins des paysages du Canada ont été officiellement inaugurés au Musée canadien de la nature vendredi le 17 juin sous un soleil radieux et j’ai pu participer à l’ouverture en tant que porte-parole national francophone pour les Journées du jardin (les 17, 18 and 19 juin 2016).

C’est essentiellement à une exposition botanique qu’on vous invite: on y a recréé trois différents écosystèmes canadiens: la toundra arctique, la forêt boréale et les prairies herbeuses, chacun avec sa végétation typique. De plus, on a installé, à l’entrée nord-est du jardin, la récréation d’une «steppe de mammouths», incluant des sculptures de mammouth pour le plaisir des jeunes et des pas jeunes.

Au cœur du jardin se trouve une sculpture géante de 13 m de hauteur en acier inoxydable qui représente un iceberg. Il est l’œuvre de l’artiste et aventurier Bill Lishman, célèbre comme inventeur de la technique de l’utilisation des avions ultralégers pour montrer aux outardes et aux grues élevés en captivité comment migrer vers le sud, tel que vue ans le film «Le premier envol».

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Plan du Jardin des paysages canadiens.

Le jardin occupe la partie ouest du terrain du Musée, autrefois un petit parc gazonnée qui ne représentait aucunement une image de la diversité de la nature au Canada. «C’était un style d’aménagement importé d’Europe qui utilisait des végétaux importés d’Europe», a souligné la Présidente-directrice générale du Musée, Meg Beckel, lors de la cérémonie d’ouverture. Le nouveau jardin sera aussi accueillant qu’auparavant, mais plus en harmonie avec le rôle d’un musée de «contribuer à la connaissance, à la compréhension et à la gestion du patrimoine naturel et culturel».

Une première visite

Les jardins occupent essentiellement un rectangle à l’ouest du Musée canadien de la nature, entourant sur trois côtés son aire de stationnement ouest. Un large sentier accessible aux handicapés nous fait découvrir ces nouveaux jardins. Il y a quatre entrées, mais commençons par la plus populaire.

La steppe à mammouths

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Sculptures de mammouths dans la Steppe des mammouths.

En effet, c’est la steppe à mammouths qui semble surtout attirer le plus les jeunes. On voit très bien de l’entrée du musée des sculptures grandeur nature de trois mammouths (apparemment une maman, un papa et un bébé) et j’ai d’ailleurs vu plusieurs familles s’y arrêter avant de visiter le musée lui-même.

Autour des sculptures, le gazon d’autrefois a été remplacé par des plantations de végétaux qu’on sait existaient dans l’aire de distribution des mammouths à l’époque de la dernière glaciation, d’il y a 120 000 à 12 000 ans: graminées, arbustes, fleurs arctiques (pavots, achillées, etc.).

Les de ma visite, ces plantations ne semblaient pas tout à fait complétées et de plus, la présence de grands arbres restant de l’aménagement précédent ne donne pas du tout l’impression d’une steppe. (Je le sais, de nos jours, on n’ose plus couper un arbre dans une ville, du moins tant qu’il est en santé, mais pour créer un effet de steppe, peut-être qu’il le faudrait ici.) Aussi, il aura fallu une pancarte explicative, ce qui, on m’assuré, viendra, sinon il n’est pas évident qu’une jeune famille en visite comprendra le sens des plantations.

La toundra arctique

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Une partie de la toundra arctique.

Le sentier nous amène par la suite dans la toundra arctique, paysage dominée par des roches de toute taille où ne pousse aucun arbre. Comme dans la vraie toundra, des plantes basses percent çà et là à travers les roches: raisin d’ours, thé du Labrador, anémones arctiques, etc. On passe carrément sous le majestueux iceberg, au milieu de la toundra, s’arrêtant sans doute pour prendre un «selfie» (égoportrait).

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Anémone arctique.

La toundra était la partie la plus réussie au moment de ma visite, donnant une impression de maturité surprenante pour un jardin si récemment installé. Les enfants présents semblaient beaucoup s’amuser à sauter de roche en roche dans la toundra récréé et j’espère qu’on va les permettre de continuer de le faire.

La prairie

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Le Musée canadien de la nature semble surgir au plein milieu de la prairie.

La prairie suit. Parfaitement plate et composée de nombreuses plantes à fleurs (rudbeckies, cosmos, etc.) et graminées, avec, à son périmètre, une petite invasion voulue de quelques faux trembles pour représenter une zone de transition, la prairie occupe la plus grand surface des biomes, soit tout le centre des Jardins.

La prairie n’était pas encore très fleurie lors de ma visite, ce qui est tout à fait normal, car une vraie prairie fleurit surtout de juillet à septembre. Toutefois, les nombreux boutons floraux à la veille d’ouvrir étaient très prometteurs. D’ici deux semaines, cet aménagement sera certainement d’apparence saisissante.

La forêt boréale

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La forêt boréale: notez les enfants qui s’amusent en arrière-plan.

La dernière partie est la forêt boréale. Décorée d’arbres, arbustes et surtout de conifères (mélèzes, épinettes, pins, etc.), avec, à leur pied, des plantes de sous-bois typiques d’une forêt coniférienne (fougères, thé des bois, etc.), cette partie est, pour l’instant, le moins convaincant des écosystèmes, les conifères étant présentement encore trop jeunes pour donner même l’impression d’une forêt, encore moins pour créer de l’ombre, ce qui laisse les plantes de sous-bois trop exposées. Aussi, encore, on a laissé debout de grands arbres caduques d’origine européenne n’ayant aucun rapport avec une forêt boréale (voir la remarque ci-dessus sous La steppe des mammouths) ce qui n’aide nullement à créer l’ambiance nécessaire. Toutefois, on sait que la maturité viendra avec le temps: on ne peut créer une forêt mature en seulement quelques mois. Sans doute que quand les conifères atteindront une taille plus impressionnante, il sera possible de supprimer quelques uns des arbres incongrus.

Une note très positive, toutefois: sur un arbre mort laissé debout (déjà une idée original pour un parc urbain), il y avait des étiquettes identifiant des lichens qui y poussent. C’est la première fois que je vois des lichens ainsi identifiés dans un jardin public. Bravo à l’équipe du musée pour cette belle initiative!

Enfin, il y a une aire de jeux pour les enfants dans la forêt boréale où ils peuvent sauter de buche en buche… ce qui semble leur plaire énormément.

En résumé

D’accord, les Jardins des paysages du Canada sont très jeunes, mais ils sont déjà remarquables et gagneront en beauté assurément en beauté et en intérêt avec les années. Ils valent le déplacement, notamment pour goûter à la toundra, un environnement que si peu de Canadiens ont déjà pu expérimenté, et, très bientôt, pour le tapis de fleurs qui sera la prairie. Si vous passez à Ottawa, les Jardins valent définitivement le détour.

Les Jardins des paysages canadiens sont ouverts gratuitement à tous les jours et sont situés voisin du Musée canadien de la nature, à 240 McLeod St, Ottawa. Il y a un stationnement payant à proximité.

Pour informations: nature.ca.

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