Cultivez votre maïs sucré en isolé

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20160613A.jpgQuand vous plantez du maïs sucré (blé d’Inde en bon québécois), soit le maïs que nous mangeons frais pour ses délicieux grains sucrés, il faut toujours penser le cultiver en isolé de toute autre variété, et surtout du maïs fourrage.

L’explication de ce phénomène est un peu technique et si cela ne vous tente pas de l’entendre, passez directement à la solution (sous le sous-titre Gardez ses distances, ci-dessous). Mais si vous voulez savoir pourquoi…

Le pourquoi

Le maïs subit une double fécondation. Chaque graine de pollen contient deux gamètes mâles. Un féconde l’ovule et donnera l’embryon, donc le futur plant, mais l’autre féconde d’autres nucléus dans l’ovule qui donneront l’endosperme, la partie riche en sucre qui compose la majeure partie du grain et aussi la partie nous aimons manger. Le résultat est que si vous cultivez deux variétés de maïs côte à côte, l’endosperme produit contiendra un mélange de gênes et donc un mélange de goûts.

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Maïs fourrage (haut) et maïs sucré (bas): pas la même apparence, pas le même goût.

Si vous cultivez votre maïs sucré, au grain riche en sucre et faible en amidon, près d’un maïs fourrage, au grain riche en amidon et faible en sucre, le pollen de ce dernier fécondera votre maïs sucré, donnant des grains plus farineux et durs, à mi-chemin entre du maïs sucré et du maïs fourrage, car ils hériteront une partie de leur endosperme du maïs fourrage.

Aussi, votre maïs sucré peut facilement être contaminé par le maïs fourrage transgénique (OGM) si un tel maïs est cultivé dans un champs voisin (ce maïs est permis au Canada, mais pas en France).

Même si vous cultivez deux maïs sucrés à proximité, il peut avoir des problèmes. Je n’irais pas dans les détails ici, mais la génétique maïs sucré est compliquée et ce qui donne aux grains le sucre qu’on recherche peut relever de gènes différents (su, se, sh2, notamment). Si deux maïs ne partagent pas la même gêne, ça peut aussi influencer négativement le goût.

Gardez ses distances

On recommande, pour assurer un maïs bien sucré, d’isoler deux variétés d’au moins 30 m. Comme le maïs est pollinisé par le vent, il se peut qu’il y ait un certain croisement même à cette distance, mais un ou deux grains plus farineux par épi ne changeront pas vraiment le goût. Par contre, si vous voulez conservez les grains pour une production l’année suivante, l’intégrité des grains est encore plus vitale et on recommande alors une plus grande isolation encore : 75 m. Les puristes diront même 300 m!

Dans les régions au climat propice, il est aussi possible d’assurer une bonne isolation en plantant à proximité des maïs hâtifs et tardifs, en autant qu’il y ait au moins 14 jours de différence entre les dates de floraison, donc de pollinisation, créant ainsi une isolation temporale efficace. Ou encore, on peut faire deux semis de maïs hâtifs à au moins 14 jours d’intervalle. Toutefois, l’isolation temporale est difficile à appliquer dans les régions aux étés courts.

Pour le jardinier amateur typique, de toute façon, qui n’a qu’un petit potager domestique, il s’agit tout simplement de se rappeler de ne planter qu’une variété de maïs par année… et de ne pas vivre voisin d’un champ de maïs fourrage!

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