Le cactus de Pâques: sans épines, mais à la culture épineuse

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Cactus de Pâques (Hatiora gaertneri)

Parmi les plantes de Pâques traditionnelles , il y a une qui n’est vraiment pas comme les autres: le cactus de Pâques. On dirait au début un petit cactus de Noël, mais il ne fleurit pas à la bonne saison et ses fleurs sont trop symétriques.

C’est d’ailleurs une plante qui a donné bien du fil à retordre aux taxonomistes. Ainsi, on a vu son nom changer de Epiphyllum gaertneri à Schlumbergera gaertneri, puis plus récemment à Rhipsalidopsis gaertneri. Mais maintenant il s’appellerait Hatiora gaertneri… du moins, pour l’instant.

Ses origines

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Hatiora ‘Flamme’

Cette plante vient du Brésil où pousse dans les arbres (plus rarement sur les surfaces rocheuses) comme plante épiphyte. Ses tiges vertes aplaties et segmentées remplacent les feuilles absentes et assurent la photosynthèse. Les épines, si courantes sur les cactus désertiques, sont réduites au maximum: tout ce qui en reste sont de petits poils qu’on aperçoit à peine à l’extrémité de segments. Les tiges sont dressées au début, mais s’arquent rapidement vers le bas pour devenir retombantes.

C’est en bonne partie ce portant arqué et retombant et ses tiges aplaties et segmentées qui lui font ressembler au cactus de Noël (Schlumbergera russelliana et S. x buckleyi) et au cactus d’automne (S. truncata), mais ses segments sont plus petits, plus étroits et sans crénelures ni dents, contrairement à ses cousins. Aussi, la floraison, est nettement symétrique, en forme d’étoile, et pas du allongée, contrairement aux Schlumbergera. Et bien sûr, le cactus de Pâques fleurit la saison opposée du cactus de Noël!

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La couleur rose des fleurs indique que ce cactus de Pâques n’est pas un Hatiora gaertneri, mais plutôt un hybride, H. x  graeseri.

Dans la nature brésilienne, ce cactus fleurit au printemps austral, soit en octobre ou novembre. Elle n’a pris donc le nom de cactus de Pâques qui depuis qu’on le cultive dans l’hémisphère nord. Sous l’influence des journées de longueur inversée l’autre côté de l’équateur, le cactus de Pâques commence à fleurir en mars ou avril dans cette région et continue souvent jusqu’à la fin de mai. Les fleurs sont rouges chez l’espèce, mais peuvent être roses, orange ou même blanches chez les hybrides qui dominent le marché. Il s’agit de croisements avec le hatiora rose (Hatioria rosea), un proche parent. Ces hybrides portent officiellement le nom de H. x graeseri.

Une plante de culture épineuse

Malgré sa ressemblance avec «l’increvable» cactus de Noël, le cactus de Pâques a la réputation d’être difficile à cultiver… et aussi, à faire fleurir.

C’est surtout son intolérance des températures chaudes l’hiver qui nuit: nous chauffons trop nos logis à son goût. Ainsi, alors qu’il tolère des températures estivales assez chaudes, l’hiver, il veut de la fraîcheur: les jours de 18˚C au maximum et des nuits de 3 à 13˚C lui siéent mieux.

Aussi, il demande une bonne humidité atmosphérique en tout temps (un humidificateur ou un plateau humidifiant seraient utiles pendant les mois d’hiver) et un arrosage très attentif. Son terreau doit rester légèrement humide presque toute l’année, ni sec ni détrempé, sauf après la floraison. Il prend alors une courte période de repos pendant environ un mois et il préfère que son sol s’assèche à cette saison.

À défaut de suivre cet entretien assez pointilleux, la plante perd des segments ou peut même pourrir.

Et la floraison?

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Hatiora x graeseri ‘Columba’. Photo: http://www.logees.com

L’information qui procède n’est que pour garder la plante en bonne santé, encore faut-il stimuler la floraison! À cette fin, le cactus de Pâques exige une période d’environ 8 à 10 semaines de jours courts l’hiver suivie de jours longs au printemps. Ainsi, idéalement vous la placerez dans une pièce qui n’est pas éclairée le soir et ce, à partir de Noël environ. Une fois la floraison initiée, d’ailleurs, il n’est pas sage de bouger la plante, sinon les fleurs peuvent tomber sans ouvrir.

Ce sont ces jours courts, combinés avec une bonne fraîcheur, qui initient la floraison qui débute alors quand les jours rallongent et les températures remontent au printemps.

Autres détails culturaux

Les autres éléments de culture sont plus faciles à réconcilier.

Côté éclairage, le cactus de Pâques préfère un éclairage moyen, donc, un emplacement bien éclairé, mais sans trop de soleil direct. Un maximum d’éclairage est toutefois utile l’hiver.

On peut le fertiliser en douceur, avec l’engrais de votre choix, à partir de son réveil en juin (on se rappelle qu’on le laisse une petite période de repos tout de suite après la floraison) jusqu’en octobre, au quart de la dose recommandée.

Quant au terreau, un pour plantes d’intérieur, peut-être allégé avec un peu de perlite, convient bien, sinon essayez un terreau pour orchidées. Logiquement on empoterait les spécimens trop gros pour leur pot initial après la reprise de la croissance en juin.

Voilà comment cultiver le cactus de Pâques: il vous faut vous accommoder un peu à ses caprices si vous voulez obtenir une belle floraison.

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