La fascinante histoire de l’arbre de vie

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Comment le Thuja occidentals est devenu l’arbre de vie.

Le scorbut est une maladie très grave que nous voyons très peu de nos jours, mais qui était endémique parmi les marins européens jusqu’au 18e siècle. À l’époque, personne ne connaissait l’origine de cette maladie, mais on avait remarqué qu’elle était associée aux longs voyages en mer. Le traitement recommandé à l’époque? La prière! Tristement, la plupart des marins souffrant de scorbut moururent malgré les prières.

Aujourd’hui nous savons que le scorbut est causé par un manque de vitamine C, présent dans beaucoup de fruits et de légumes, mais absent des vivres des marins, surtout composé de biscuits, de viande salée et de poisson. À l’époque, bien sûr, on ne connaissait rien des vitamines, mais on avait remarqué que les malades récupéraient souvent quand ils mettaient les pieds sur la terre ferme. Et que la récupération était plus rapide l’été et l’automne, quand les fruits et les légumes étaient abondants, et moins rapide l’hiver et le printemps, quand on vivait surtout de pain et viande. Personne ne semblait avoir associé cette récupération avec un changement de régime alimentaire.

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Jacques Cartier

Le scorbut frappa Jacques Cartier et ses hommes lors de leur deuxième voyage au Canada en 1535-1536 et 25 de ces 110 hommes en sont morts. Lui-même en souffrait. Il ne voulait pas révéler l’état de santé de ces hommes, de peur que les Indiens ne profitent de leur faiblesse, mais, la situation s’étant empiré avec l’arrivée de l’hiver, il dut demander leur aide. Les Indiens administrèrent aux hommes malades une tisane faite avec les feuilles d’un conifère local, qu’ils appelaient «annedda» ou «aneda». La guérison fut très rapide: en seulement quelques jours, même les hommes jugés mourants furent complètement rétablis. Cartier appela cette plante miraculeuse «arborvitae», latin pour «arbre de vie» et en fut grand cas à son retour en France.

Quand Samuel de Champlain arriva à Stadacona (maintenant Québec) 72 ans plus tard, il ne tarda pas à s’informer de l’annedda des Indiens locaux, car, toujours le marchand, il pensait faire fortune en faisant la récolte de cette plante pour le marché européen. Mais à sa grande surprise, les Indiens locaux ne connaissaient aucune plante de ce nom. Champlain se plaignit alors qu’ils avaient perdu toute connaissance de la médicine depuis l’époque de Cartier, mais là n’était pas le problème. En effet, il s’était trompé de tribu. Il s’entretenait avec les Hurons, qui parlaient une autre langue que les Iroquoiens du Saint-Laurent que Cartier connaissait, tribu mystérieusement disparue depuis. Pour les Hurons, annedda ne voulait rien dire et ils ne purent aider Champlain. Il a dû se rabattre sur le commerce de la fourrure pour financer ses expéditions.

Cèdre et arborvitae

Même de nos jours, la vraie identité de l’annedda demeure nébuleuse. Bien que la plupart des autorités modernes penchent vers le pin blanc (Pinus strobus), au début de la colonisation du l’Amérique et jusqu’à tout récemment, c’est plutôt le thuya occidental (Thuja occidentalis) qui eut l’honneur d’être accepté à la fois comme annedda et arborvitae (arbre de vie).

D’ailleurs, dès la fin du 16e siècle, le botaniste français Charles de Lécluse (1525-1609) aida à fixer cette utilisation en utilisant le terme arborvitae pour décrire T. occidentalis) dans ses écrits. Le nom «arborvitae» a toujours cours de nos jours… chez les anglophones! Ils adoptèrent le nom au 16e siècle et l’utilisent encore.

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Cedrus atlantica

Les colons de Champlain, par contre, donnèrent un tout autre nom à ce nouveau conifère: «cèdre».

En fait, le vrai cèdre était une tout autre plante, Cedrus atlantica, mais les colons ne connaissaient du cèdre que son bois, car l’arbre n’était pas cultivé en France au 16e siècle. Par contre, les coffrets en cèdre, importés du Proche Orient, leur étaient connus. Or, le bois aromatique du thuya les faisait penser au cèdre. D’où la confusion, qui existe encore en Amérique, entre les deux arbres.

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Thuja occidentalis

De nos jours, le thuya (encore appelé «cèdre» par les pépiniéristes québécois alors que le nom thuya est utilisé en France) est devenu l’un des conifères ornementaux des plus populaires, autant en Europe et en Asie qu’au Canada. On en connaît plus de 300 cultivars, allant de petites boules arrondies aux grandes variétés colonnaires. C’est sans doute l’une des plantes «de chez nous» les plus connues à travers le monde.

Si seulement les gens pouvaient apprendre à utiliser son vrai nom, thuya!

 

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9 réflexions sur “La fascinante histoire de l’arbre de vie

  1. Joanne Normandin

    Bonjour Mr. Hodgson
    L’arbre de Vie est apparu dans ma vie vendredi dernier en allant au magasin d’aliments naturels. Il y avait un nouveau présentoir concernant une toute nouvelle gamme de produits nommés Annedda. Ils sont fait à partir d’extrait d’écorce de pin blanc. Je vous évite le reste car vous pourrez si vous le voulez, visiter leur site à .Annedda.com.
    Mais voilà qu’en lisant votre article, je m’aperçois qu’il ne s’agit pas du même arbre. Eux parlent du pin blanc et vous, de cèdre., pas du tout pareil.
    Leurs produits apportent un soulagement à toute sorte de maux dont plusieurs auxquels je suis affecté.
    Je crois encore que nous pouvons retrouver dans la nature de quoi soulager et guérir plusieurs maladies.
    Mais voilà qu’après lecture de votre article, je me demande si ces produits ne sont encore qu’un attrape nigaud pour les gens comme moi qui ne savent plus dans quelle direction aller pour trouver un soulagement. Il y a de quoi se décourager.
    Comprenez vous Mr. Hodgson, vous qui êtes un spécialiste des arbres, plantes, fleurs…..( je possède presque tous vos livres….)…..que j’ai ce matin un vague sentiment de tromperie vis à vis ces nouveaux produits, ( approuvée par Santé Canada ) .
    Un autre espoir évanoui parce qu’ils ne sont même pas capables de parler du même arbre que vous.
    C’est désolant.
    C’est à eux maintenant que je vais écrire pour leur faire part de ma lecture de ce matin.
    Merci de votre lecture et si vous avez quelque chose de motivant à ajouter, j’en serais ravie.

    Joanne Normandin
    Saguenay

    • Notez que dans mon texte j’ai vaguement expliqué qu’on ne sait pas exactement quel arbre était l’annedda. Le nom « arborvitae » a fini par référer à Thuya occidentalis, mais le véritable annedda était peut-être un pin, une épinette ou un sapin.D’ailleurs, l’annedda servait à traiter le scorbut. On ne connait pas d’autres utilisations et la tribu qui l’utilisait (les Iroquoiens du Saint-Laurent) n’existe plus: on ne peut pas les consulter. De plus, mon expertise est dans le domaine horticole. Je ne peux pas juger, bien sûr, de l’efficacité d’un produit santé. Peut-être que ce produit est efficace contre les maux prétendus, mais une approbation par Santé Canada veut tout simplement dire que le produit n’est pas toxique lorsque utilisé selon la méthode préconisée et n’est pas garant de son efficacité.

      • Bonjour, mon nom est Manuel Lebeau, je suis directeur des ventes pour le Laboratoire Annedda inc.
        Le message s’adresse à M.Normandin ainsi que M.Hodgson.
        Il y a plusieurs aspects de vos affirmations que nous aimerions éclaircir.
        Concernant l’espèce d’arbre qu’est l’Annedda, nous pouvons vous garantir que c’est le pin blanc de l’est de l’Amérique du nord ( Pinus Strobus). Avec l’aide de guérisseurs traditionnels amérindiens, nous avons identifié l’arbre dont avait été tirée la potion qui a sauvé la vie des survivants de l’équipage de Jacques Cartier en 1535.
        Quatre siècles plus tard, un chercheur français, de passage au Québec, fut intrigué par cette histoire d’Annedda, « arbre de vie » : Jacques Masquelier était alors sur le point de découvrir les propriétés des proanthocyanidines que renferme l’écorce du pin blanc (Pinus strobus). Ces substances antioxydantes allaient faire l’objet de recherches intensives au cours des décennies 1960, 70 et 80.

        Ces recherches intéressaient au plus haut point le Québécois Mario Borduas, fondateur de l’entreprise Atsenti, fabricant d’extraits médicinaux de qualité pour l’herboristerie et l’industrie des produits de santé naturels (PSN). Visionnaire curieux et créatif, cet entrepreneur n’hésita pas à s’entourer de chercheurs chevronnés afin de percer les secrets de l’Annedda, « Arbre de vie » : identifier les substances actives, les extraire adéquatement et les purifier pour en tirer un produit hautement efficace et sécuritaire, un ingrédient médicinal de qualité pharmaceutique, approuvé comme tel par Santé Canada.

        « Pour tirer le maximum des propriétés médicinales de l’écorce de pin blanc, souligne Mario Borduas, il fallait pénétrer à l’intérieur de cette substance, en comprendre la structure moléculaire intime. C’est précisément ce que nous avons fait dès le début de la décennie 1990 : nous avons réellement mis au point un procédé d’extraction naturel qui respecte l’intégrité de l’écorce de pin tout en fournissant le meilleur ingrédient qui soit pour la fabrication de produits de santé naturels efficaces et sécuritaires ». Il est d’ailleurs intéressant de noter que les résultats récemment obtenus (août 2013) par d’autres chercheurs, un peu partout dans le monde, confirment ce qu’avaient découvert, il y a près de 20 ans, les membres de l’équipe de Mario.

        De plus, lorsqu’un produit est homologué par santé canada, cela ne veut pas seulement dire que ce produit est sans danger, il veut aussi dire qu’il est reconnu efficace pour l’anomalie mentionné sur le contenant.
        Comme vous avez pu constater M.Normandin, tous nos produits ont un minimum de 100 mg de proanthocyanidines (extrait d’écorce de pin blanc ), et pourquoi nous avons cette substance miraculeuse dans tous nos produits ????
        C’est bien simple, une multitude d’essaies cliniques ont prouvées que les proanthocyanidines traitent chacune des 9 anomalies que nous avons ciblées.
        Et notre procédé d’extraction, d’isolation et de purification, que nous avons développé en collaboration avec le centre de recherche et développement agroalimentaire du Canada, est sous licences mondiales. Ce procédé fait en sorte que nos proanthocyanidines sont à 400 PVU ce qui est prêt du double de nos plus proches compétiteurs.

        En espérant que ces informations vous aideront à éliminer tout ce qui peut se dire, à tort et à travers sur cette espèce aux bienfaits historiques.

        Toutes personnes ayant des questions sur ce fait historique ou sur l’un ou l’autre de nos produits, vous pouvez communiquer avec nous au info@annedda.com.

        Vous pouvez aussi visiter notre site pour avoir l’histoire complète de l’Annedda

        Manuel Lebau
        Directeur des ventes
        Laboratoire Annedda inc.

  2. Réponse à Manuel Lebeau: Toute votre affirmation se base sur un point très douteux: des soi-disant guérisseurs traditionnels amérindiens qui ont pu, d’après vous, identifier la plante véritable derrière le nom annedda. Qui sont ces guérisseurs? Il doivent avoir des noms, non? Comment se fait-il qu’ils connaissaient le terme annedda, pourtant dérivée d’une langue disparue qu’ils n’ont jamais parlé?

    Cela n’enlève rien à l’idée que le pin blanc puisse être un candidat parmi d’autres pour le nom annedda ou même qu’il était peut-être la véritable plante derrière ce nom. Mais mon texte porte sur l’évolution du nom donné par Jacques Cartier, arborvitae (arbre de vie) et ce nom a fini par être accepté pour Thuja occidentalis. C’est d’ailleurs le nom commun pour cette plante dans plusieurs langues, dont l’anglais. Vous n’allez sûrement pas me dire que, si un Anglais dit « arborvitae », il réfère au pin blanc (Pinus strobus).

    L’histoire contient bien des mystères. Je vois mal comment nous pourrons véritablement résoudre celui-ci.

    Je vous souhaite bonne chance avec votre produit. Sans doute qu’il fait tout ce que vous prétendez. Mon texte ne s’appelle pas « La fascinante histoire de l’annedda », mais la fascinante histoire de l’arbre de vie ». Et, que ce soit une erreur de longue date ou non, arbre de vie et arborvitae réfèrent désormais à Thuja occidentalis.

    • Bonjour M.Hodgson, j’espère que vous allez bien.

      Il est bien vrai qu’il existe une politique sur ce fait historique depuis son origine.
      Les premiers explorateurs voulaient volontairement garder secret le nom de cette arbre pour ne pas que d’autres explorateurs puissent bénéficier de cette puissante substance

      Il serait très long de vous écrire toutes les preuves que nous avons recueillis durant les 30 dernières années que nous passé à étudier, tant l’histoire d’Annedda que ses bienfait sur la santé.
      Nous avons étudié les livres de bord de Jacques Cartier, écrit par l’apothicaire car Jacques Cartier ne savait pas écrire.
      Ce qu’il en ressort, du côté historique, c’est que s’était un arbre de la grosseur des pins que l’on retrouve en France. Puisque vous avez une bonne connaissances arboricoles, vous devez vous douter que ca ne peut être un cèdres car c’est loin d’être un grand conifère comme le décrivait les livres de bord.

      Mais la preuve la plus significative en est Médicale. L’équipage souffrait de scorbut, ce qui est due à une carence en vitamine C.
      L’histoire dit que lorsque le chef, Domagaya, a vue Jacques Cartier, ce dernier avait une tache sur le visage. Domagaya savait de quoi le grand voyageur souffrait. Il a donc concocter une tisane dans laquelle il avait mis de l’écorce broyé ainsi que des ÉPINES. La guérison de Jacques Cartier et de son équipage restant fut très rapide. La rapidité à laquelle cette substance a agit, ne peut provenir que d’un antioxydant puissant à large spectre. Et dans cette catégorie le champion incontesté est l’oligo-proanthocyanidines. Et dans la longue liste de conifère nord américain, LE SEUL arbre à contenir des proanthocyanidines, c’est le pin blanc.

      Il est impossible de guérir aussi RAPIDEMENT une personne souffrant de scorbut aussi avancé, seulement avec du cèdre.

      Pour bénéficier des mêmes effets miraculeux qu’a bénéficier l’équipage de Jacques Cartier, ainsi que l’histoire de l’Annedda, je vous invites à visiter notre site internet…..www.annedda.com

      En conclusion, si vous désirez en savoir plus sur cette histoire, je vous conseillerais de consulter toute la littérature existante sur ce dossier dans les bibliothèque de nos universités.

      Bien à vous.

      Manuel Lebeau

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