Bien cultiver la violette africaine

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Violette africaine hybride.

Peu de plantes sont aussi florifères que la violette africaine (Saintpaulia ionantha), aussi appelé saintpaulia. Grâce à sa capacité de fleurir sous un éclairage moins que parfait, elle peut s’épanouir à tout moment de l’année. D’ailleurs, les bons cultivars peuvent être presque toujours en boutons ou en fleurs.

Ses origines

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Une des espèces de violette africaine sauvage: Saintpaulia ionantha rupicola.

Malgré son nom populaire, la violette africaine n’est pas une véritable violette (Viola, famille des Violacées), mais appartient plutôt aux Gesnériacées, famille qui comprend le gloxinia des fleuristes (Sinningia speciosa) et le streptocarpus (Streptocarpus spp.). Son nom commun vient de la forme et de la couleur de la fleur des saintpaulias sauvages: avec ses cinq pétales, deux plus petits sur le dessus, trois plus importants vers le bas, et sa couleur violette, la fleur rappelait celle d’une violette (Viola spp.).

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Que du choix!

La violette africaine moderne ressemble souvent peu à une violette, toutefois: grâce à plus de 100 ans de sélection et d’hybridation, ses pétales sont maintenant généralement symétriques et ses fleurs sont souvent doubles ou semi-doubles, aux marges parfois joliment ondulées. La gamme des couleurs s’est énormément étendue depuis ses origines : toutes les teintes de bleu violet sont possible, plus le rose, le rouge, le blanc et – oui! – même le jaune! Plusieurs variétés sont bicolores ou même tricolores. Son port – originalement une rosette aplatie composée de feuilles en forme de spatule – a aussi subi des modifications et on voit maintenant des jolies violettes africaines rampantes aux tiges multiples. On trouve des violettes africaines de 50 cm de diamètre tout comme des miniatures de moins de 15 cm de diamètre. Aussi des variétés à feuillage de diverses formes et couleurs, notamment panachées. Il existe actuellement plus de 40 000 variétés de violettes africaines: à vous de choisir!

Bien réussir votre saintpaulia

Sans vouloir dire que la violette africaine soit de culture difficile, c’est vrai qu’elle peut être pointilleuse. Voici alors quelques conseils pour bien la réussir.

Éclairage

20160105D.jpgLe secret principal d’une plante heureuse qui fleurit abondamment presque toute l’année demeure un éclairage adéquat: le plein soleil n’est pas trop entre novembre et mars, du moins dans les régions septentrionales, alors qu’une fenêtre orientée à l’est, où le soleil est plus modéré, convient mieux l’été. Encore, on peut tirer un voilage entre la plante et le soleil brûlant à cette saison, ou la placer en recul de la fenêtre. Mais pour assurer une floraison presque sans arrêt 12 mois par année, placez la plante sous une lampe fluorescente  à deux tubes (un Cool White et un Warm White) à environ 15 à 30 cm des tubes et éclairez la plante 14 à 16 heures par jour. Ainsi, c’est toujours l’été et alors la floraison continue souvent sans s’arrêter.

Température et humidité

La violette africaine est une plante frileuse: il faut lui offrir des températures chaudes (16˚C et plus) toute l’année. Attention: un emplacement trop près d’une fenêtre froide peut provoquer la pourriture! Aussi, l’humidité atmosphérique doit être élevée. Ainsi il peut être sage de la cultiver sur un plateau humidifiant, du moins pendant l’hiver quand l’air de nos demeures est souvent très sec.

Arrosage

Le terreau doit rester relativement humide, mais sans être détrempé. À cet effet, appliquez tout simplement la règle d’or de l’arrosage: arrosez abondamment, assez pour humidifier la motte de racines toute entière, puis attendez que le terreau soit sec au toucher avant d’arroser de nouveau. Ainsi il n’y a pas de fréquence d’arrosage particulière à préconiser. Touchez au terreau aux 3 ou 4 jours et arrosez quand il vous paraît sec, tout simplement.

Le feuillage du saintpaulia est facilement taché par l’eau et ces taches sont difficiles à enlever. Ainsi, on suggère souvent de l’arroser par la soucoupe plutôt que par le haut, soit en remplissant la soucoupe d’eau tiède et en la laissant «boire tout son soûl», jetant le surplus après 15 à 20 minutes. C’est très bien, mais vous pouvez arroser la plante par le haut aussi. Il s’agit de lever le feuillage avec une main et de glisser le bec de l’arrosoir en-dessous: ainsi vous arroserez le terreau sans mouiller le feuillage.

Fertilisation

Il existe des engrais conçus spécifiquement pour les violettes africaines, mais c’est une plante assez magnanime à ce niveau: tout engrais dilué peut convenir. Idéalement, pour une croissance très égale, vous ajouterez un engrais soluble dilué à un huitième de la dose mensuelle recommandée à l’eau d’arrosage et l’appliquerez chaque fois que vous arroserez. Si votre plante manque de lumière l’hiver (souvent le cas des plantes cultivées sur le rebord d’une fenêtre à cette saison), mieux vaut s’abstenir de fertiliser pendant cette saison.

Rempotage

Si on la laisse pousser à sa guise, votre violette africaine se dégarnira à la base avec le temps, car les vieilles feuilles meurent, ce qui laisse une tige nue qui grandit peu à peu. Prenez alors habitude de rempoter votre violette africaine annuellement en coupant une tranche au bas de la motte de racines. Placez la motte raccourcie dans le fond d’un pot propre, puis recouvrez la tige nue de terreau… et de nouvelles racines y pousseront sur la tige enterrée pour remplacer celles supprimées. Tout terreau pour plantes d’intérieur conviendra.

Multiplication

Il y a plusieurs façons de multiplier une violette africaine (semences, bouture de tige, division, culture in vitro, etc.), mais la plus connue est le bouturage de feuille.

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Comment prélever une bouture de feuille.

Prélevez une feuille en santé avec son pétiole et recoupez le pétiole au couteau pour que la coupe soit nette (on dit souvent qu’il faut le couper à un angle de 45˚, mais 90˚ donnera aussi un excellent résultat). Insérez le pétiole dans un pot de terreau humide. Il peut être utile de recouvrir la feuille d’une tasse de plastique transparent inversé ou d’un sac de plastique transparent pour maintenir une forte humidité pendant la période d’enracinement.

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Rempotage des plantules.

Après quelques semaines à plusieurs mois (le bouturage procède plus rapidement au printemps et en été, plus lentement l’automne et l’hiver), de petits plants paraîtront à la base de la feuille. Quand ils auront environ 5 cm de hauteur, divisez-les (très important, car si vous laissez toutes les plantules pousser, elles se feront compétition, ce qui nuira à la floraison à venir) et rempotez-les chacun dans un petit pot individuel. À mesure qu’elles grandissent, rempotez dans des pots de plus en plus gros… et dans un an ou même moins, vous aurez les premières fleurs.

Pour plus de renseignements

Il existe plusieurs clubs d’amateurs de violettes africaines au Canada (si vous en connaissez en Europe francophone, veuillez me le faire savoir), dont la African Violet Society of Canada http://www.avsc.ca et, au Québec, la Société des Saintpaulia de Montréal http://www.saintpaulia-montreal.com et le Club Violettes Longueuil http://club-violettes-longueuil.org. Ce sont c’excellentes sources d’information sur la culture des violettes africaines.

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