Truc du jour

Dites non à la protection hivernale

Bonsai
Façade d’une maison québécoise assez typique pendant l’hiver: quelle laideur!

Les étrangers en visite au Québec pendant l’hiver sont toujours étonnés de voir, un peu partout sur les terrains, des arbustes, conifères et même arbres recouverts de jute ou de géotextile ou encore barricadés derrière des panneaux ou de la clôture à neige ou dans des cages de bois, sans parler d’autres structures. Ces curieux abris sont appelés «protections hivernaux» et la superstition veut qu’elles protègent les plantes contre le froid. En fait, cependant, la température à l’intérieur de la «protection» est strictement identique à la température extérieure. En fait ce que ces abris font est de réduire l’effet asséchant des vents dominants froids.

Non seulement les gens travaillent-ils forts à installer ces abris à l’automne, mais encore leur faut-il les enlever au printemps, doublant le travail. Aussi faut-il avoir de la place pour les remiser. Mais tout cet effort vaut-il vraiment la peine?

La bonne plante à la bonne place

Bonsai
Ce grand arbuste est de toute évidence là depuis des années: il serait surprenant qu’il nécessite encore un abri hivernal!

Ma prétention, en tant que jardinier paresseux, est que non, que tout ce travail de protection hivernale ne devrait pas être nécessaire… et d’ailleurs, ne l’est probablement pas. Si vous choisissez des végétaux adaptés aux conditions existantes sur votre terrain, aucune protection ne sera nécessaire. Pourquoi, en effet, planter des végétaux de zone de rusticité 6 quand on vit on zone 4, s’assurant d’avoir des dégâts hivernaux chaque année? Et certains végétaux pourtant bien rustiques, comme le thuya de l’Est («cèdre») ne tolèrent pas être plantés dans les emplacements exposés au vent, tout simplement, mais poussent parfaitement bien sans abri dans les emplacements où le vent est faible. Eh bien, n’est-il pas plus simple de les planter à l’abri du vent que de devoir les emballer et désemballer à tous les ans?

Personnellement, si une plante n’aime pas mes conditions, j’aime autant qu’elle crève. Ainsi, je pourrais la remplacer par quelque chose de mieux adaptée.

Bonsai
Pensez aussi à vos voisins: est-il vraiment gentil de les imposer de tels scènes d’horreur chaque hiver?

Et ne me dites pas que des végétaux qui n’ont pas besoin de protection hivernale n’existent pas, que la seule façon de garder des végétaux en forme est de les emballer comme des momies pour l’hiver. Regardez autour de vous. Le paysage naturel québécois regorge d’arbres, d’arbustes et de conifères qui poussent en parfaite santé sans que personne ne vienne les protéger! Et sans doute que vous avez des voisins qui ne protègent rien à l’automne. Comment se fait-il alors que leurs végétaux sont aussi beaux au printemps que les vôtres?

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L’étiquette d’une plante que vous achetez indique sans doute sa zone de rusticité.

Attention! Votre jardinerie locale vend à la fois des plantes peu rustiques et d’autres qui le sont: optez plutôt pour les dernières! Regardez tout simplement l’étiquette avant d’acheter, car habituellement elle donne la zone de rusticité. Il vous faut des végétaux de votre zone de rusticité ou de toute zone moindre. Ainsi, pour avoir congé de protection hivernale, un jardinier en zone 5 devrait choisir des végétaux des zones 1, 2, 3, 4 ou 5, mais éviter les plantes de zone 6. Et un jardinier de zone 4 devrait se limiter aux plantes de zones 1, 2, 3 ou 4, etc.

Personnellement, sur mon terrain en zone 4a, j’ai de nombreux végétaux que les gens considèrent généralement peu rustiques: rhododendrons, azalées, magnolias, etc. Aucun ne reçoit de protection hivernale. Mais j’ai spécifiquement choisi des cultivars plus rustiques que la normale… et tous ces végétaux sont plantés à travers d’autres plantes, donc à l’abri du vent. Et tous semblent bien heureux ! Si je peux le faire, pourquoi pas vous ?

Une petite exception

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Simple abri pour le premier hiver quand on soupçonne que la plante n’est pas encore bien acclimatée.

Même un jardinier paresseux comme moi admet qu’il y a une exception, une situation où la protection hivernale peut être nécessaire: c’est lorsqu’une plante est fraîchement installée (depuis moins d’un an) et qu’on doute qu’elle n’est pas encore parfaitement acclimatée aux conditions locales. C’est notamment le cas de plantes ligneuses plantées à l’automne et donc pas encore parfaitement enracinées quand l’hiver arrive, ainsi que certains végétaux reconnus pour leur lenteur à s’installer, même quand on les plante au printemps: magnolias, rhododendrons, etc. Oui, donc, il peut être utile d’installer une protection très rudimentaire (un simple abri composé de 2 ou 3 piquets installés devant la plante, du côté du vent dominant et sur lesquels on agrafe une section de jute ou de géotextile suffira)… pour le premier hiver seulement. Après, c’est à la plante de s’acclimater aux véritables conditions environnementales de votre jardin. Et vous serez surpris de voir à quel point les plantes savent s’adapter quand les conditions rencontrent au moins leurs exigences minimales.

C’est pourquoi je dis non à la protection hivernale. Et j’espère que vous apprendrez à faire de même.

22 comments on “Dites non à la protection hivernale

  1. Protéger les cèdres est une nécessité contre la gourmandise des chevreuils durant l’hiver!

  2. Louise Nadeau

    Pour une haie de cèdre de 10 pieds de hauteur située le long d’une rue, j’imagine qu’il est nécessaire de la protéger car les déneigeurs soufflent sur mon terrain. Mais j’avoue que ce n’est pas une partie de plaisir d’installer les clôtures à neige et je m’en passerais volontiers!

    • Ou enlevez la haie. C’est ce que j’ai fait chez moi (il y en avait une quand j’ai achetée la maison). De mon point de vue, il n’est pas logique de planter une haie dans un emplacement sujet à la neige soufflée… mais je suis très paresseux dans mon jardinage!

  3. Je suis dans l’obligation de protéger certains arbustes dont mes plants de bleuets et d’ hibiscus syriacus pour les protéger des lièvres qui ont la fâcheuse habitude de rabattre les plants !

  4. Bonjour, je suis à la campagne et j’ai un grand terrain qui ne possède pratiquement pas d’arbre. Il vente beaucoup… vraiment …. ce printemps j’ai planté quelques jeunes arbres et arbustes.

    Est-ce que je devrais les protéger du vent ?

    Et au sujet des cèdres, je pensais en acheter quelques uns pour « couper » le vent justement… mais vous semblez dire qu’ils sont sensibles au vent ? c’est bien ca ?

    Merci pour vos articles toujours intéressants !!

    Michel

  5. Je cherche un bon coupe vent justement pour créer un environnement plus stable sur mon terrain et aussi pour stopper la neige qui est soufflé par ce vent. Je suis très exposé. Est-ce que vous avez une suggestion parresseuse?

  6. Ping : Comment un décembre doux peut-il affecter nos végétaux? | Jardinier paresseux

  7. Ping : Comment un décembre doux peut-il affecter nos végétaux? | Jardinier paresseux | Enjeux énergies et environnement

  8. La protection des arbustes est uniquement contre le verglas et le déneigeur qui souffle sur le terrain. J’ai perdu les 2/3 d’un lilas l’an dernier à cause d’un épisode de verglas et j’ai un arbuste dont le tronc est fendu sur toute sa longueur

    • Je prends les dégâts dus au verglas comme un signe que la plante n’est pas forte et mérite une taille en profondeur (dans le cas des arbustes). Un arbuste bien taillé résiste d’habitude très bien au verglas, mais les malades, les faibles et les vieux sont brisés. Sans doute que votre lilas était vieux. Après une bonne taille, il repoussera plus beau que jamais et restera en bon état peut-être 30 ans ou plus… puis demandera une bonne taille de nouveau. Notez que même dans la nature, les lilas poussent de cette façon: les vieilles parties finissent par tomber, puis la plante se rajeunit par la base.

      Quant à un arbre très endommagé par le verglas, c’est pour moi un signe dame Nature essaie de l’éliminer et je l’enlève.

      Quant aux déneigeurs, là je vous l’accorde. Une protection pourrait être nécessaire si on cultive des plantes susceptibles dans leur « zone d’influence. » Personnellement, je ne cultive aucun arbuste, conifère ou arbre dans cette zone. Seulement des vivaces qui ne sont pas du tout dérangés par les jets de neige.

  9. Poirie geraldr

    J’ai une haie taillé à plat depuis 65ans elle mesure300pieds de long je la taille tout les ans depuis 40ans je ne lui protège plus les côtes l’hiver est ce que le poid de la neige hivernal si pas déblaye finirait par la faire s’effondrer

  10. Pierre Jobidon

    Bonjour, ma haie de cèdres a été taillé à plate sur le dessus (6′ de largeur). A quel rythme puis-je la tailler pour lui donner une pointe? Puis je couper les arrêtes superieures existantes quitte a couper de bonnes branches ou attendre que ca pousse et l’arrondir?merci

    • Attendez plutôt que ça pousse et arrondissez. Surtout, ne coupez pas dans le « bois brun »sur les bords pour essayer de hâter la formation. Avec une si grande largeur, il faudrait sans doute plus d’un saison.

  11. marthe lessard

    Bonjour!
    J’aimerais bien savoir s’il est nécessaire de protéger les plants de bleuets et de framboise. Ils ont des petites branches fragiles.

  12. farnienteroupillonGuy Paradis

    Chacun a droit à son expertise qui est tout de même du domaine de l’opinion, inutile de dénigrer ceux qui ont des expériences. C’est après avoir perdu quelques beaux cèdres dont le poids de la neige et du verglas a fendu les tronc à la verticale que je me suis mis à envelopper les arbustes les plus fragiles qui avaient une fonction esthétique par rapport à ma maison. Au fil du temps, la rue que j’habite est devenu très passante. J’ai donc laissé pousser une haie à une dizaine de pieds pour faire une barrière visuelle et aussi à la poussière, mais celle-ci a eu des dommages des déneigeurs. Comment protéger ce confort? On pourra expliquer à un européen qu’une structure mécanique protège contre une attaque mécanique. C’est moins compliqué que de tout couper et de déménager à la campagne.Moi aussi je suis paresseux.

    • D’accord, à chaque personne sa façon de faire. Personnellement, j’aurais plante une haie de vivaces dans une zone où une souffleuse lance de la neige et de la glace. Une structure, c’est trop de travail et, à mon avis, trop laide pour une façade.

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