La division des vivaces, un mal nécessaire?

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20150511ABeaucoup de livres de jardinage insistent sur l’importance de diviser vos vivaces selon un horaire spécifique. Pour chaque variété décrite, on recommande inévitablement une division aux trois ans, aux quatre ans ou aux cinq ans. Il n’y a pas d’exceptions.

Je me suis toujours demandé la raison pour cette obsession avec la division. Après tout, dans la nature, personne ne vient diviser ces plantes et elles réussissent à survivre quand même. Pourquoi alors serais-je obligé de la faire juste quand elles commencent à être belles? Car il faut environ trois ou quatre ans à la plupart des vivaces avant d’arriver au maximum de leur floraison.

Personnellement, je ne divise pas mes vivaces selon un horaire prédéterminé; je les divise au besoin. Si elles s’élargissent tellement qu’elles empiètent sur ses voisines, je les divise. Si leur floraison diminue et que je doute que ce soit parce qu’elles sont devenues trop denses, je les divise. Si elles se vident au centre, je les divise. Si j’ai besoin d’autres plants pour une nouvelle plate-bande, je les divise. Mais tant qu’elles sont belles, productives, florifères et ne dérangent pas leurs voisines, je les laisse pousser à leur guise. Ainsi, je divise très rarement la vaste majorité de mes vivaces et d’ailleurs, la plupart ne sont jamais divisées.

Pour moi, la division, c’est vraiment du cas par cas. La floraison de certaines astilbes et hémérocalles diminue après quatre ou cinq ans et alors, oui, une division s’impose. Mais d’autres sont encore magnifiques après 20 ans sans le moindre soin! Alors, je n’y touche pas!

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Ce Hosta ‘June’ a presque 20 ans, n’a jamais été divisé et est de plus en plus beau à tous les ans.

Diviser seulement au besoin est d’autant plus logique quand la plante est à croissance lente. Quand je tombe sur un volume qui me suggère de diviser mes hostas et mes pivoines aux cinq ans (regardez bien: la plupart y insistent!), je n’en reviens pas. Ces plantes poussent à la vitesse d’un escargot anémique: il faut au moins dix ans avant que ces plantes arrivent à leur meilleur… et même après dix ans, moins on les divise, plus elles sont belles. On voit de superbes hostas et pivoines qui ont 50 ans et plus: ils sont bien plus jolis que les maigrelets spécimens divisés aux cinq ans.

(Je soupçonne les auteurs qui encouragent un entretien aussi excessif d’avoir un petit côté calviniste dans leur nature, de penser que seulement par le travail acharné peut-on trouver le ciel. Moi, je vis le ciel sur la terre grâce à mes plates-bandes si fleuries qui ont si peu besoin de mon attention!)

Les exceptions

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La gaillarde (Gaillardia x grandiflora) est une vivace de courte vie qu’il vaut la peine de diviser ou de bouturer aux 2 ou 3 ans.

Évidemment, il y a des exceptions à toute règle. Ainsi, il y a bien certaines vivaces de courte vie, comme les gaillardes, les lins (Linum perenne, par exemple) et plusieurs coréopsis que, logiquement, on devrait diviser aux deux ou trois ans, sinon elles disparaissent sans crier gare. Mais il est beaucoup plus facile de prendre des boutures que de diviser la plante. Coupez une tige feuillue, enlevez tout bouton ou fleur et faites-la enraciner dans un terreau humide: c’est si facile et cela ne réduit pas la floraison de la plante-mère comme le fait la division. Et il y a d’autres vivaces de courte vie qu’il vaut mieux tout simplement laisser se ressemer, car elles détestent être divisées et se bouturent mal: lupins, ancolies, lychnis, etc.

Suggestion de jardinier paresseux: rendez-vous la vie plus facile et ne divisez les vivaces que si vous avez une bonne raison pour le faire!

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7 réflexions sur “La division des vivaces, un mal nécessaire?

    • Pourquoi ils sont disparus, je ne peux pas vous dire. Peut-être que les conditions n’étaient pas convenables. Autrement, un miscanthus peut pousser 20 ans et plus sans division. Son défaut est de trop s’élargir avec le temps.

  1. Bonjour, est ce qu’il y a un moment propice pour diviser un hosta… Nouvelle demeure et ménage à faire dans les plantes… Il est trop gros pour la place qu’il a. Je me demande si je peux le faire maintenant. Merci bonne journée. D’une jardinière paresseuse 😉

  2. Bonjour j’ai une question un peu bizarre à demander …j’aimerais savoir le nom de la plante près du hosta que vous avez en photo sur cette page…elle me donne des cauchemars dans une de mes platte-bandes …merci

    • Ce n’est pas ce que vous pensez! Dans l’image, il s’agit d’astilbes. Mais je suis certain que vous voulez dire l’aégopode ou herbe-aux-goutteux. Voici un texte que j’avais écrit à son sujet: Voici une jolie plante que vous risquez de trouver dans tout centre-jardin. On la cultive dans les endroits ombragés et mi-ombragés pour son feuillage découpé et joliment panaché de blanc. Ses fleurs ombellées n?ont que peu d?attraits. Une description bien inoffensive, n?est-ce pas? Eh bien, dans d?autres pays, la culture de l?herbe aux goutteux est carrément bannie et toute personne trouvée en sa possession sur son terrain est susceptible d?amende. La raison? c?est que cette plante est particulièrement envahissante: ses rhizomes courent partout, s?étendant dans la pelouse et les jardins, parmi les racines des arbres, à travers les haies, etc. Une fois établie, son contrôle est presque impossible. Pire, les semences provenant des fleurs insignifiantes de l?herbe aux goutteux panachée produisent la variété toute verte de la plante, encore plus envahissante!

      Que faire si votre pelouse ou jardin en est infesté? Le plus facile, c?est d?enlever cette section au complet ? plantes, terre, constructions, etc. ? sur une profondeur de 45 cm et de recommencer à zéro avec une terre fraîche non infestée. Si l?herbe aux goutteux s?est infiltrée parmi les racines d?un arbre ou d?un arbuste, par contre, le contrôle n?est pas aussi facile. Recouvrez le sol d?un agrotextile («couvre-parterre») opaque, le cachant de la vue avec un paillis ornemental: sans lumière aucune, notre faux ami ne pourra pas survivre. Il faut toujours recouvrir un espace d?au moins 45 cm plus large que la zone infestée, sinon les rhizomes envahissants s?étendront rapidement en dehors de la zone de la couverture. Soyez vigilants aussi quant à la zone située au pied de l?arbre ou de la haie, où l?agrotexile laisse entrer un peu de lumière: à ces endroits, il faut arracher, arracher et arracher encore pour éliminer le moindre petit rejet qui parviendra à sortir. Au bout d?un an ou deux, quand il n?y a plus de signes de l?herbe aux goutteux, vous pouvez enlever le paillis et l?agrotextile et refaire des plantations? avec d?autres plantes!

      Si vous tenez tout de même à cultiver l?herbe aux goutteux (après tout, c?est un des rares couvre-sols convenant aux endroits ombragés), placez une barrière de métal ou de plastique (un seau dont on a enlevé le fond, par exemple) tout autour des limites de la plantation et enfoncez-la à au moins 45 cm dans le sol de façon à ce que les rhizomes soient bien contenus. De plus, supprimez toute tige florale dès que vous les apercevez pour empêcher les semis de s?échapper et de s?établir ailleurs sur votre terrain. »

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