Truc du jour

Attention aux zones de rusticité américaines!

20150412La plupart des jardiniers amateurs canadiens connaissent leur zone de rusticité et savent que, quand il est question de choisir une plante pérenne (vivace, arbre, arbuste, etc.), mieux vaut choisir une plante de leur zone ou d’une zone moindre.

(Pour trouver votre zone de rusticité, allez ici).

20150412BCe qui est moins connu est que le système des zones de rusticité utilisé au Canada, celui d’Agriculture Canada, et celui utilisé aux États-Unis, soit celui de l’USDA (United States Departement of Agriculture), ne correspondent pas tout à fait. Entre autres, le système américain tient seulement compte de la température minimale dans une région donnée, pas de la durée du froid. Or, qu’il fasse -15˚C pendant une seule nuit affecte moins une plante peu rustique que quand il fait -15˚C pendant une semaine. Les zones canadiennes tiennent compte de ce détail et aussi d’autres facteurs, donnant un portrait plus réaliste des conditions locales.

Le résultat de ces différences est qu’il y a, du moins pour les zones les plus froides, une bonne zone de différence entre les deux systèmes. Par exemple, une plante portant la zone de rusticité USDA 5 est de la zone canadienne 6. Voici un tableau qui compare les deux systèmes:

Comparison des zones

Zone USDA
0
1
2
3
4
5
6
Zone canadienne
1
2
3
4
5
6
7
Ainsi, si vous lisez une revue ou un livre américain, ou consultez un site Web de jardinage comme Dave’s Garden, il faut mentalement ajouter un chiffre à toute zone qui y est indiquée.

Quand les pépiniéristes nous mentent

Crossed fingersSi ce n’était que pour cela, la situation serait facile, mais malheureusement, beaucoup de pépiniéristes canadiennes utilisent, sans le dire, les zones américaines. Il est plus avantageux pour eux d’exagérer un peu la rusticité de certaines plantes trop fragiles pour le climat local. Ainsi, beaucoup d’étiquettes que nous voyons dans nos jardineries nous induisent en erreur, car elles surestiment la résistance au froid des plantes. Cela cause beaucoup de problèmes aux jardiniers de chez nous, car nous nous fions sur cette zone pour nous aider à faire des achats appropriés.

Le problème est de taille : à chaque année, des millions de végétaux sont plantées hors zone et, en conséquence, meurent l’hiver ou sont, à tout le moins, sévèrement endommagés par le froid. Certaines plantes sont presque toujours vendues mal étiquetées quant à leur zone. Voici quelques exemples :

Arbre aux papillons (Buddelia davidii)
zone souvent indiquée: 5b
zone canadienne: 6b

Ketmie ou mauve en arbre (Hibiscus syriacus)
zone souvent indiquée: 5b
zone canadienne: 6b

Cornouiller à grandes fleurs (Cornus kousa)
zone souvent indiquée: 5b
zone canadienne: 6b

Donc, attention quand vous achetez des plantes : certains pépiniéristes ont une nette tendance à exagérer les zones de rusticité… en leur faveur ! Et c’est vous qui est perdant !

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

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