Alléluia! Nos lilas sont sauvés!

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Agrile du frêne (Agrilus planipennis)

Un article paru dans La Presse le 16 mars 2015 a semé la panique à travers le monde horticole au Québec. Le titre de l’article, Le lilas menacé par l’agrile du frêne?, écrit par Audrey Ruel-Manseau, a de quoi faire peur aux jardiniers. On sait que l’agrile du frêne (Agrilus planipennis), un insecte perceur introduit accidentellement de l’Asie, tuent les frênes nord-américains (Fraxinus spp.) quand il s’y installe et qu’on craint alors la quasi-disparition des frênes au Québec au cours des prochaines années. Mais s’il s’attaque aux lilas aussi, cela décuplera la tragédie, car les lilas sont très prisés des jardiniers pour leurs superbes fleurs printanières parfumées.

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Chionanthus virginicus

L’article soulignait que l’insecte avait été trouvé récemment, pour la première fois, sur une plante qui n’était pas un frêne, soit dans un chionanthe de Virginie, Chionanthus virginicus, un petit arbre appelé parfois arbre à neige à cause de ses fleurs blanches plumeuses.

Déjà dès le départ, cette information est un peu fausse: on sait depuis quelques années déjà que le chionanthe est proie à cet insecte. Cependant, il ne semble s’attaquer qu’aux chionanthes en vieillissants ou affaiblis. On a bien trouvé quelques larves d’agrile du frêne dans les chionanthes en santé, mais elles étaient mortes, signe que l’arbre en santé est capable de lutter contre l’envahisseur lui-même.

D’ailleurs, même si l’agrile du frêne s’attaquaient occasionnellement aux chionanthes stressés ou affaiblis, cela affecte peu la situation au Québec, car le chionanthe est peu connu chez nous et d’ailleurs mal adapté à notre climat.

Mais le lilas alors?

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Lilas commun (Syringa vulgaris)

Maintenant, que dire de l’idée que l’agrile du frêne puisse s’attaquer aux lilas, tel que suggérée dans l’article cité? Elle vient du fait que les lilas (Syringa spp.) et les frênes appartiennent à la même famille, soit les Oléacées, tout comme l’olivier d’Europe (Olea europaea), les troènes (Ligustrum spp.), les forsythias (Forsythia spp.) et les jasmins (Jasiminum spp.). Après tout, il arrive qu’un insecte considéré spécifique à un genre puisse parfois fait le saut sur un de ses proches parents.

Mais on sait déjà que l’agrile de frêne ne peut pas survivre sur les lilas. Au début de l’infestation en Amérique du Nord, des chercheurs américains avaient fait des expériences pour vérifier sur quelles autres Oléacées l’agrile pouvait survivre et les spécimens placés sur les lilas ont peut-être réussi à pénétrer l’écorce de ce nouvel hôte, mais sont mortes très rapidement après, sans faire de dégât notable. Leur conclusion: les lilas ne peuvent pas être hôtes de cet insecte.

Donc, puisqu’il est déjà connu que l’agrile du frêne ne peut pas endommager les lilas, pourquoi faire paniquer la population avec des suppositions non fondées et d’ailleurs facilement réfutées? Il faut croire que c’était une journée tranquille à La Presse et qu’on voulait s’amuser à émoustiller la population!

Dormez alors en paix: vos lilas ne sont pas menacés par l’agrile du frêne. Toute cette histoire n’est que tempête dans un verre d’eau!

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2 réflexions sur “Alléluia! Nos lilas sont sauvés!

  1. Mathieu

    Dans votre article lilas et agrile , 2 petites coquilles:

    « Le agrile »
    « L’argile »

    Merci pour cet article qui remet les pendules à l’heure!

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